Un site pour faire partager mon goût pour la littérature, et en particulier la littérature destinée à la jeunesse. J'y fais figurer également mes découvertes culturelles, et les documents susceptibles d'être utiles à la classe.
Je ne pouvais pas m'en empêcher... Il y a quelques jours, mon père a acheté un album et me l'a fait écouter. Cela faisait longtemps que mon coeur n'avait pas bondi si fort dans ma poitrine, j'en avais le souffle coupé, et une flamme en moi s'est allumée. J'ignorais que Saez pouvait tant m'émouvoir. Je l'ai découvert comme beaucoup, à la radio, à travers son morceau mémorable "Jeune et con" dont voici le clip:
Mais avec J'accuse, Saez change de ton. Album introduit par un texte coup-de-poignard, les Anarchitectures, entre les Béruriers Noirs et Noir Désir, Saez nous fait lever le poing haut, très haut...
Moi qui n'arrive plus à pleurer, j'avoue, j'ai laissé échapper ma petite larme.
Mais je n'en dirais pas plus, car c'est à vous de vous faire un point de vue (ou poing de vue?).
Et voici le clip qui a donné son nom à l'album:
Au passage, il n'est pas mauvais de se souvenir... Un jour il y a eu une affiche. Cette affiche faisait la promo de la tournée de Saez. Elle était placardée dans le métro... Mais elle a choqué des gens. Apparemment, elle salirait l'image de la femme. Ben oui, décidément, les féministes n'ont pas de couilles, et cette affiche a été censurée des couloirs du métro parisien.
Heureusement, ici c'est mon blog, et j'y ai encore la liberté d'expression. Donc tant que mon droit est là, je publie cette affiche, et c'est à vous de vous faire une opinion.
Pour aller plus loin:
Jansheng nous parle de l'affiche interdite...
Arnaud Mouillard nous offre un point de vue intéressant sur la controverse.
Andrée Oger le soutien.
Et pour ceux qui préfèrent la lecture:
Les Anarchitectures
Aux agneaux égorgés au loin
Au chant du coq dans le lointain
A lorée des grands champs de blé
Humanité les poings liés
Scotché à la lisière du bois...
Petit poucet cherche pourquoi
Ses parents lont abandonné
Au grands vents des communicants
De tous nos temples les églises
Nont plus le grand des cathédrales
Au temps des anarchitectures
Et des lance-pierres contre les murs
Les sacs de billes ont pris le large
Et les amours au coin des grives
Toutes ces choses dautrefois
Putain je ne vois plus la rive
Puisquil faut accepter du temps
Lévolution toujours plus bas
Au vulgaire des concessionnaires
Des libertés pour nos enfants
Il sera équipé cest sûr
Pour parler à la Terre entière
Mais naura rien à dire bien sûr
Que ce quil voit sur les écrans
Certains les plus bourgeois toujours
Sauront savoir garder leurs plumes
Quand le peuple verra ses ailes
Blessées sous les coups de lenclume
Cest fini le temps des instruits
Le temps des populaires aussi
Fini le temps des littéraires
Au-dessus des comptes bancaires
Et des lilas dans les bouquets
Oublié le temps des muguets
Je ne vois que les chrysanthèmes
Des orthographes
Dans les poèmes
Finies les latines les racines
Au bon dos de nos origines
Finie la parole sacrée
Bonjour la parole au plus con
Fini les ni bon dieu ni maître
Lheure est au client du paraître
Fini le temps de nos jeunesses
Fini le chant des rossignols
Fini salut à toi mon frère
Lheure est aux champs des électrons
Abonnez-vous peuple de cons
Par satellites à dautres cons
Au libre échange du néant
A chacun son bon mot bien sûr
Cest la liberté dêtre con
La liberté
Dêtre ignorant
Tous égaux dans le carnaval
Je sais mon ami ça fait mal
Cest la liberté dexpression
Cest la liberté dexpression
Pour clamer à tous les faubourgs
Surtout à tous les râteliers
Nos faiblesses et puis nos discours
Sur nos tristes identités
Salut toi mon frère de faubourg
Salut à toi le Bérurier
Je ne vois rien aux alentours
Que des tristesses à bon marché
Salut à toi frère de banlieue
Toi quon voudrait laisser pourrir
Dans le ghetto des consommants
Dans le ghetto des illettrés
Salut à toi femme au combat
Toi dont la lutte a pris la rouille
Comment te dire mais de nos jours
Les féminismes manquent de couilles
Salut toi mon étoile au loin
Lilluminé de nos chemins
Séclairera bientôt je sais
Si lon nen perd pas le parfum
Vigilance à tous nos esprits
Et feu de tous les journalismes
Puisque toujours il faut combattre
Des nouveaux temples
Les fascismes
Décidément, je ne m'en lasse pas. Voici une lecture de ce texte dans l'émission Ce soir ou jamais, le 9 mai 2010, par son auteur lui-même: